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Clécy 1ère édition : j'y étais !


Tout d'abord, il faut savoir que la Suisse Normande existe. Non, il ne s'agit pas d'une terre helvète oubliée au milieu de l'Ouest français, mais bien d'une région montagneuse de la Normandie, entre Orne et Calvados. Suisse Normande.

Au milieu de la Suisse Normande, capitale de la Suisse Normande, Clécy, joli petit bourg, a abrité pour la première fois les 1er et 2 août derniers, un Festival des Arts Vivants très prometteur.

J'ai eu la chance d'y participer avec mon spectacle Merde, je suis vivante.

L'hospitalité de la Suisse Normande

Musique, théâtre, danse, clown, spectacles inclassables, ce ne sont pas moins d'une trentaine de propositions et presqu'une cinquantaine d'artistes qui ont fait vibrer Clécy pendant tout un week-end. Aux commandes, Charlotte et Emmanuel. À leurs côtés, une armée de bénévoles. Avec eux, les habitants du village qui ont ouvert leurs maisons pour accueillir les artistes. Partout, des sourires. Et avec ça, le soleil !

Lieux insolites

Le village a bien sa salle de spectacle, mais le festival a eu la bonne idée d'essaimer en une dizaine de lieux tels que les places, les cafés du centre et les guinguettes du bord de l'eau, le camping, la maison de retraite, un grenier et, pour mon spectacle... une écurie.

Merde, je suis vivante, performance théâtrale qui met en scène une femme morte en proie à d'ultimes sursauts de conscience, a été conçue spécifiquement pour des représentations hors des théâtres, en tout lieu propice à une belle et étrange intimité avec la mort. À Clécy, l'intimité s'est jouée à l'écurie.

Didier, le maître des lieux, avait gentiment et consciencieusement nettoyé l'endroit pour y accueillir Marthe Monnier (c'est le nom de mon personnage) et les participants à cette veillée funèbre un peu particulière (le public). Artiste forgeron, il apporte un magnifique chandelier qui vient ajouter métal et feu à la terre et la pierre de l’écurie. Tissus, planches, sièges, il m’aide à m’installer. Les moutons qui s'abritent habituellement ici sont cantonnés au pré attenant. Je suis prête, je m’échauffe sur la pelouse.

Une vision joyeusement apocalyptique

À mon retour dans l’écurie juste avant la première représentation de 18 heures, ô surprise. J’avais mal refermé la porte arrière et les moutons sont venus trouver de l’ombre dans leur écurie ! Trois brebis tranquillement couchées sur le lit tendu de noir de Marthe Monnier, l’image est belle mais d’autres petits moutons, gênés par les chaises qui encombraient leur abri, ont fait caca partout. Nettoyer, ranger et mourir. Vite. Le public arrive, nombreux. On refuse du monde. Les spectateurs se serrent à l'intérieur, certains restent debout. Les courants d’air font vaciller les flammes des bougies, la porte arrière s’ouvre vers un au-delà vert et ensoleillé, le public respire avec Marthe Monnier. Requiem aeternam.

Prolongations

Seconde représentation dimanche à 14 heures - les moutons ont passé la nuit dehors. On doit à nouveau refuser du monde. On décide d’un nouveau service à 17 heures et les bénévoles s’activent à faire passer l’information en arrêtant les festivaliers, en posant des affiches et même au moyen de bébés-sandwichs, c’est dire s’ils y mettent du cœur !

À 17 heures, Marthe Monnier fait à nouveau écurie comble et sa créatrice est comblée. Le festival s’achève à la nuit tombée par un dernier repas pris en commun. On se quitte en se disant au-revoir… pour une prochaine édition ?

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