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Aventure géante pour le Smukfest, au Danemark

Le Smukfest, deuxième plus grand festival de musique de Scandinavie, s'est offert jeudi dernier pour la première fois depuis sa naissance, il y a quarante-trois ans, une parade d'ouverture. La Générale de Théâtre était de l'aventure aux côtés de la Compagnia del Carnevale.

Un ours polaire monumental fabriqué au Groenland, un homme de fer au coeur battant, Greta Thunberg et des big men mangeurs d'argent... Le Smukfest voulait marquer les esprits et c'est tout naturellement que son directeur artistique s'est tourné vers une spécialiste des constructions monumentales, Corinne Roger. Cette dernière a apporté d’Italie où elle réside et travaille, quelques grandes figures créées pour de récentes éditions du carnaval de Viareggio, tandis que l’ours polaire avait été créé en 2018 lors d’un projet qu'elle avait mené au Groenland. Toutes ces figures monumentales en papier mâché avaient donc déjà vécu une première vie et leur recyclage pour cette nouvelle parade au Danemark collait plutôt bien avec la thématique souhaitée, à savoir le climat et ses divagations inquiétantes.


"Les Italiens" débarquent au Danemark

Corinne Roger est arrivée au Danemark avec une partie de son équipe et c'est La Compagnia del Carnevale, du nom de la compagnie avec laquelle ils officient au carnaval de Viareggio, ou même simplement "les Italiens" que les médias locaux créditeront des chars re-créés pour l’occasion. Plusieurs semaines de travail sous le ciel incertain (et plutôt frais !) de Skanderborg, gros bourg près d’Aarhus, la deuxième plus grande ville du Danemark, où a lieu le festival.

Recyclage de chars de carnaval

A partir des grandes figures existantes, il s’est agi de créer, en papier mâché toujours, un decorum pour trois chars avec chacun sa dimension particulière. L’ours polaire s’est retrouvé juché sur un iceberg qui pleurait d’un bleu profond. L’homme de fer, du char Home Sweet Home, édition carnaval de Viareggio 2020, qui reprenait les personnages du magicien d’Oz pour dire l’urgence climatique, était ici assis sur d’immenses racines et tirait derrière lui une immense selfie queen habillée, elle, de vrai métal. Greta Thunberg version papier mâché (rescapée elle aussi du char Home Sweet Home), tentait désormais de soulever la terre devant des « big men » venus du char Reset (caranaval 2021). Ici, les nantis mangeurs d’argent se retrouvaient assis sur une immense montagne de sacs poubelles éventrés - pollution qui ne pouvait pas ne rien évoquer aux dizaines de milliers de festivaliers et aux tonnes de plastique qu’ils abandonneraient sur le sol de la forêt où se déroule le Smukfest.

Collaboration avec l'universisté VIA

Pour accompagner ces chars monumentaux (8 mètres de haut, 7 mètres de long !), une centaine d’étudiantes et étudiants de l’université VIA d’Aarhus avaient rejoint l’aventure, sous la houlette de leur professeur Klaus Rubin, par ailleurs à l’origine et point de contact entre le Smukfest et la Compagnia del Carnevale.

Benjamin Balthazar Lebigre et Catherine Richon, dans cette nouvelle collaboration entre La Générale de Théâtre et la Compagnia del Carnevale, avaient rencontré en mai dernier les différents groupes d’étudiants qui défileraient avec les chars, pour leur transmettre les grands principes de la parade en chœur et élaborer avec eux chorégraphies et scènes de rue. Les jeunes étudiants en pédagogie ont réalisé eux-mêmes leurs costumes. Certains ont composé une des musiques de la parade. Et un groupe d’étudiants en nouveaux médias ont créé une jupe géante à partir de déchets informatiques, piédestal à cette « selfie queen » en chair et en os.

Première parade d'ouverture pour un festival né en 1980

Ultimes raccords début août, dernière répétition en un jour seulement, et le 3 août à 10 heures du matin, la parade s’élançait sur un trajet de 4 kilomètres

à travers la forêt de Skanderborg et les aires de camping devant les festivaliers surpris au réveil par ces figures géantes très inhabituelles au Danemark. D’autres artistes de rue ont rejoint le convoi en route : des canapés à moteur, des échassiers à tambour, des dragons chinois, des gros yeux sur patte… La météo a décidé d'être clémente et la magie a pu opérer à plein. Deux heures de défilé joyeux et débridé. Le festival pouvait commencer.


Le Smukfest, ce ne sont pas moins de 200 artistes et groupes musicaux Danois et internationaux, avec de grosses têtes d’affiche et plusieurs scènes disséminées dans la forêt. Boum boum boum boum boum !

De la street performance au Smukfest

Cette année, pour la première fois également, le théâtre de rue a aussi fait son entrée dans le festival. Et, hasard des hasards (ou pas), le duo DON’T FEED THE CAT, en les personnes de Benjamin Balthazar Lebigre et Catherine Richon, s’est retrouvé programmé pour 4 représentations exceptionnelles en anglais (et un peu de danois . Længe leve menneskehedens skønhed !). Avec ses tableaux sur l’urgence climatique, très visuels ou plus interactifs, La beauté de l’humanité, le nouvel opus du duo, a su trouver une résonnance toute particulière parmi les basses bien présentes des scènes environnantes, les festivaliers pressés de rejoindre tel ou tel concert, la bière qui coule à flot, la jeunesse danoise en goguette, l’anglais comme langue commune mais étrangère quand même : le théâtre de rue, ou en l’occurrence le théâtre de forêt et de festival de musique, dans tout son inattendu et toute sa magnificence ! Et sans une goutte de pluie. Merci Smuk !


Smukfest, Skanderborg, Danemark, du 3 au 6 août 2023

L'équipe de la Compagnia del Carnevale pour la Smuk Parade :

Corinne Roger, Elodie Lebigre, Sebastian Lebigre, Benjamin Balthazar Lebigre, Stefano Florio, Michele Longoni, Lorenzo Paoli, Alessandro Pasquinucci, Matteo Raciti, Catherine Richon

Superviseurs VIA University : Klaus Rubin, Ole Bjørn Rasmussen

Directeur artistique du Smukfest : Jonas Hallberg

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